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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 12:16
« LEGALSTART » : LA REDOUTABLE « UBERISATION » DES SERVICES JURIDIQUES

« LEGALSTART » : LA REDOUTABLE « UBERISATION » DES SERVICES JURIDIQUES

Un article de « L'USINE DIGITALE » en date du 25 juin nous apporte des précisions sur la plate-forme web Legalstart (https://www.legalstart.fr/ ) qui propose divers services juridiques pour des tarifs jusqu'à 80 % moins élevés que ceux couramment pratiqués par les notaires et les avocats !

EXRAITS DE CET ARTICLE :

« Legalstart secoue le petit monde juridique en cassant les prix.

Avocats, notaires, juristes … Pour créer leur structure, les entrepreneurs ont besoin de services (souvent coûteux) de professions juridiques. La plate-forme web Legalstart les propose : demande de Kbis, procédures d'embauches ou création de marques, pour tarifs jusqu'à 80 % moins élevés, en moyenne, que ceux des professionnels du droit.

Recourir à un avocat, un notaire ou un huissier lors de la création d'une activité n'est plus forcément un passage obligé. Pour la plupart des procédures, il est aussi possible de passer par la plate-forme de services juridiques en ligne Legalstart.

Lancée en mars 2014, cette start-up parisienne, fondée en 2012, offre une large palette de services destinés aux entreprises en développement : rédaction de contrats de travail, accords de confidentialité, dépôt de marques, pactes d'associés …

Concrètement, l'utilisateur se rend sur le site ( https://www.legalstart.fr/ ) et choisit la procédure légale qu'il souhaite effectuer : créer une société par actions simplifiée (SAS) par exemple. Il répond à un questionnaire dynamique, développé par les trois cofondateurs de la start-up. Ces réponses alimentent l'arborescence de contrats sous-jacente, formalisée par Legalstart.

5 A 10 MINUTES POUR CREER SA BOITE

5 à 10 minutes suffisent pour créer une SAS et disposer d'un contrat personnalisé, produit automatiquement et payé en ligne. Les tarifs dépendent de la prestation choisie : l'entrepreneur peut, s'il le désire, disposer d'un accompagnement plus poussé avec des cabinets d'avocats et de notaires partenaires de la plate-forme. Il se rend ensuite dans son espace client pour fournir, si besoin, les documents juridiques nécessaires à l'accomplissement des démarches administratives par Legalstart. Il peut enfin télécharger ses contrats et les imprimer.

Une équipe de cinq « formalistes » vérifie que les dossiers remplis par les entrepreneurs sont complets avant de les envoyer (dans un format numérique) aux autorités compétentes.

Legalstart se dit 80 % moins chère en moyenne que ses concurrents traditionnels.

Créer sa SAS coûte 149 euros à un utilisateur de la plate-forme (en plus du coût légal administratif). « Un avocat prélève pour ce même service 1.500 à 2.500 euros ! », affirme Timothée Rambaud, directeur général de la start-up.

1 MILLIARD D'EUROS D'ECONOMIES POUR LES ENTREPRENEURS

Soutenue par Bpifrance et membre de l'écosystème French Tech, Legalstart participe au Conseil de simplification pour les entreprises.

La plate-forme vise les 10.000 clients en juillet 2015 (80 % environ de TPE/PME) et lance deux à trois nouveaux services juridiques par mois. Elle connaîtrait une croissance à deux chiffres depuis son lancement.

Legalstart veut permettre aux entrepreneurs de réaliser 1 milliard d'euros d'économies sur les services juridiques d'ici 5 ans. Un objectif qui semble réalisable, si l'on se penche sur la situation aux Etats-Unis, où plus de 50 % des créations d'entreprises se font aujourd'hui sur le net.

Timothée Rambaud le concède : Legalstart s'attaque bien aux professions juridiques qui facturent à des prix élevés des prestations simples, sans réelle valeur ajoutée. Mais le site n'est pas seulement qu'un concurrent pour les juristes : « la majorité des 55.000 avocats français travaillent dans de micro-structures, qui n'ont pas suffisamment de fonds pour se digitaliser. Ils peuvent, eux-aussi, utiliser cette plate-forme pour aller plus vite dans les procédures juridiques standards que leur demandent leurs clients et consacrer leur temps aux cas difficiles, où ils apportent une vraie valeur ajoutée », souligne le patron.

Lélia de Matharel»

 

Par ailleurs, nous entendons depuis quelque temps des publicités de groupes bancaires qui se proposent de prendre en charge, pour les entrepreneurs et les titulaires de patrimoines d'une certaine importance, toutes les questions juridiques, fiscales, comptables … et financières.

Il y a donc urgence pour les notaires et les avocats, historiquement conservateurs et pour la plupart hostiles à la réforme Macron qui n'est pourtant qu'un premier pas dans la modernisation des services juridiques en France, à s'adapter à cette nouvelle donne, à l'irruption brutale de services concurrents à des prix très agressifs.

A défaut, et malgré la revendication de leurs réglementations protectrices, ces professions risquent tout simplement d'être marginalisées dans leurs prestations les plus traditionnelles (procédures pour les avocats, rédaction d'actes soumis à la publicité foncière – jusqu'à la perte probable de leur monopole - et actes du droit de la famille pour les notaires), de moins en moins rémunératrices et aux perspectives économiques peu réjouissantes.

Ces professionnels risquent de n'être plus que les sous-traitants de sociétés d'intermédiation (telles UBER, entre autres), qui leur imposeront leurs méthodes … et leurs tarifs !

La résistance au changement de ces métiers traditionnels est telle que leur marginalisation est malheureusement, à l'heure actuelle, la perspective la plus vraisemblable

Un exemple d'ubérisation : la déclaration de succession

Les héritiers font maintenant eux-mêmes les déclarations de succession. Il s'agit d'une simple déclaration fiscale (qui ne relève donc pas du monopole des notaires) pour laquelle ils trouvent sur l'Internet tous les imprimés et les renseignements nécessaires. En cas de besoin, ils prennent conseil auprès des agents des impôts, dont c'est le métier. Il échappent ainsi à l'honoraire proportionnel des notaires.

 

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Published by avocats notaires
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commentaires

Solvinz 07/02/2017 18:39

Je trouve que c'est une bonne nouvelle pour les montages simples de société dont les statuts ne présentent pas de difficulté particulière. Si les notaires et consorts ne poussaient pas le bouchon trop loin (honoraires et pseudo conseils) un site comme Legalstart n'aurait aucune raison d'être.

Juri 04/07/2015 03:08

Je ne sais pas si cela va avoir du succès. Je vous le souhaite mais après avoir vu le projet de loi version sénat juillet 2015, le pire est à craindre : l'absence de réforme. Des lieux de création déterminés par le ministère de la justice décide du lieu de création et s'il y a des demandes concurrentes, elles sont départagées selon un classement au mérite. Un concours en somme. Exactement la même chose que le système actuel. Si tout ce remue ménage ne débouche que sur ça, il ne fallait mieux ne rien faire.

FLDN 05/07/2015 09:09

La commission spéciale de l'AN va remodifier la version adoptée par le Sénat pour rétablir la version idéologie "AN" ... celle qui correspond le plus aux aspirations des jeunes quant à une installation plus étendue !

Les 15 prochains jours seront déterminants ... puis il y aura la saisine du Conseil Constitutionnel. Savez vous sous quel délai il peut être saisi, puis sous quel délai il se prononce? C'est assez rapide il me semble ... esperons que nous soyons fixés définitiveement avant la fin Juillet et que la promulgation soit rapide pour une entrée en vigueur rapide.

Entrée en vigueur sur le papier car il faudra bien entendu que les décrets paraissent puis que l'Autorité de la Concurrence puis les ministères établissent la cartographie.

En tout état de cause, amis diplômés, nous n'avons jamais été aussi proche du salut ! Enfin, nous pourrons tenter le pari de l'installation et même en cas d'echec ... nous ne mourrons pas avec le regret de ne jamais avoir essayé, de ne jamais avoir pu prouver, de ne jamais avoir pu exercer le métier pour lequel nous avons été formé !

avocats notaires 04/07/2015 11:43

Vous savez, l'avis du Sénat ne compte pas beaucoup. C'est le texte de l'Assemblée nationale qui importe.

Juri 29/06/2015 12:15

Ce domaine n'est pas totalement concurrentiel puisque réservé aux professionnels cités. A raison d'ailleurs.

avocats notaires 09/07/2015 15:03

Le député Ferrand, rapporteur général de la loi Macron, a déclaré que le délai d'un mois laissé au Conseil constitutionnel expirerait vers le 15 août, et que, selon toute vraisemblance, les décrets d'application (cartographie des zones où l'installation serait libre et celles où elle serait régulée, tarif, ...) seraient applicables à la fin de cette année.
Les candidats à l'installation doivent donc, sans plus tarder, préparer leur dossier de nomination (sans oublier le business plan).

ALEX 08/07/2015 13:35

@ MARC :
A priori, il ne devrait pas y avoir de problème là-dessus, car Monsieur MACRON a bien dit lors des débats en commission spéciale qu'il avait tenu compte des observations du Conseil d'Etat pour éviter la censure du Conseil Constutionnel. On peut faire confiance, je pense, sur ce point à son professionnalisme et à celui de son équipe !...

marc 08/07/2015 09:29

le conseil constitutionnel a un mois de mémoire pour se prononcer une fois saisi ; ne nous réjouissons pas trop vite ; sa composition est tres conservatrice et je m attends a tout de sa part il serait bien que le dossier soit clos en fin de mois .

Observateur 26/06/2015 20:19

On parle d'un domaine ouvert aux notaires, avocats et experts comptables, et où la concurrence est totalement libre. Et pourtant on trouve que les tarifs sont trop chers... Comme quoi la concurrence magnifiée sur ce site ne sert pas à grand chose ;)
Bon soyons sérieux, n'incitons pas les gens à utiliser ce genre e site, que les gens aillent chez des professionnels qui adapteront au mieux de leur besoin les statuts, le droit c'est l'imagination au pouvoir, surtout en matière de sas.
Et puis dire que ça coute 149 pour une société: annonce légale 220 euros, greffe 100 euros et eventuellement droit d'enregistrement: on est quoi qu'il arrive largement au dessus ...

avocats notaires 27/06/2015 10:54

Cette attitude éthique et responsable vous honore. On peut néanmoins regretter que les instances ordinales s'obstinent à ignorer cette question, ce qui obère gravement la crédibilité de la profession.

Observateur 27/06/2015 10:24

D'une manière plus générale, je vous répondrai que la cupidité est dans les gênes de l'homme. Vous pouvez détruire la profession, confier ces actes à 40.000 avocats notaires, vous serez toujours confrontés à un pourcentage de gens qui cherchent à tirer profit de leur position. Mais dieu merci, cela reste des cas isolés.
Pour info, dans "mon" étude, il est interdit pour les salariés d'acheter des biens des clients, et les patrons s'appliquent cette règle, ce meme si le bien est au juste prix, dans le seul but d'éviter un éventuel conflit d'intérêt.

avocats notaires 27/06/2015 08:42

Merci pour ce commentaire. Nous serions aussi intéressés par votre avis sur le phénomène des notaires qui achètent les biens de leurs clients.