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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 14:30

 

1411271348-BRUNO-LASSERRE-PRESIDENT-AUTORITE-DE-LA-CONCURRE.jpgUNE INTERVIEW DU PRESIDENT DE L'AUTORITE DE LA CONCURRENCE DANS « CHALLENGES » :

Extraits :

Lasserre : « L'Etat doit faire face à des lobbys organisés et influents »

INTERVIEW – Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la concurrence explique en quoi son rôle va croître après le vote de la loi Macron visant à déverrouiller certains monopoles.

C'est l'un des hommes les plus puissants de France, la terreur des grands patrons et des lobbys. Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la Concurrence, est le surveillant en chef des cartels et des pratiques anticoncurrentielles dans l'Hexagone. Il a du travail : selon l'OCDE, la France est un mauvais élève, avec de nombreuses règles et barrières qui bloquent la concurrence. En plus, la loi Macron, présentée en Conseil des ministres le 10 décembre, qui vise à déverrouiller plusieurs secteurs, lui donne de nouveaux pouvoirs.

Son institution va surveiller les installations de notaires pour mettre fin au numerus clausus qui a marqué cette profession.

Le champ du projet de loi (Loi Macron)est naturellement plus large que les seules questions de concurrence mais il contient de nombreuses dispositions directement inspirées par nos avis et décisions. L'Autorité de la concurrence s'en réjouit car elle a beaucoup travaillé ces dernières années sur ces sujets qu'elle a portés avec persévérance. De façon générale, la suppression de barrières réglementaires et l'ouverture à la concurrence ne peuvent qu'avoir un impact très bénéfique sur notre économie.

La concurrence conduit aussi les entreprises à se dépasser, à innover pour faire face aux nouveaux concurrents et continuer à se développer. Comme dans le sport,la compétition jour un rôle de stimulant. Enfin, l'effet d'entraînement sur l'économie via le pouvoir d'achat est très important. La concurrence favorisant la baisse des prix, le consommateur peut engager de nouvelles dépenses dans d'autres secteurs.

Selon les derniers sondages, l'idée de concurrence progresse dans l'opinion. Une très grande majorité de Français la voient comme quelque chose de positif et mettent d'abord en avant les avantages qu'en tirent les entreprises en termes de compétitivité.

Une réforme ne se fait pas sans frictions, sans ajustements. Elle suscite donc des inquiétudes, légitimes, tant des professionnels que des politiques, ces derniers ayant conscience du fait qu'ils n'en récolteront pas les fruits à court terme.

L'Etat doit faire face à des professionnels très organisés, influents et vocaux qui craignent de voir remis en cause un équilibre, certes suboptimal, mais qui les satisfait. Les gouvernements, quels qu'ils soient, peuvent donc être sensibles à leurs arguments et ce même si la réforme bénéficie au plus grand nombre, les consommateurs. »

 

Cette interview est particulièrement intéressante car elle nous permet de mieux connaître ce personnage jusqu'ici resté dans l'ombre, le puissant président de l'Autorité de la concurrence, organisme en charge de la réforme du tarif des notaires et de son maintien en adéquation avec le coût réel de production des actes, et de la carte d'implantation des études qui seront créées après la « libéralisation » de l'installation des notaires.

Il semble bien que la garde des Sceaux, objet principal de l'article précédent suite à son « communiqué de presse », n'ait plus beaucoup d'influence sur la réforme engagée par Emmanuel Macron. Le projet de loi lui réserve quand même son rôle formel : nommer les nouveaux notaires une fois qu'ils auront choisi un lieu d'implantation conforme à la carte dessinée par l'Autorité de la concurrence. 

 

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Published by avocats notaires
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