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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 03:44
BLOCKCHAIN : UNE RÉVOLUTION EST EN MARCHE

Un article de "BILAN" (http://www.bilan.ch/techno-plus-de-redaction/ethereum-une-revolution-marche) :

"12 Avril 2016

Ethereum, une révolution est en marche

PAR JOAN PLANCADE 

La start-up utilise la technologie informatique de la blockchain pour développer des applications concrètes comme la location d’objets domestiques. Elle dessine les contours d’une société sans intermédiaire.

La société basée à Zoug a levé plus de 18 millions de dollars grâce au crowdfunding.

Décembre 2013. Vitalik Buterin, jeune Russe de 19 ans inconnu du grand public, met le monde de l’informatique en ébullition. Son idée, Ethereum, s’inspire du bitcoin: un protocole informatique permettant de relier des ordinateurs en une chaîne (la blockchain), dans laquelle n’importe quel type de contrat – notarial, financier, location de matériel, partage de parts de société… – peut être passé. Enregistrée par tous les maillons de manière automatisée et très rapide, l’information, ainsi distribuée, n’est quasiment plus falsifiable ou manipulable.

Stephan Tual, spécialiste des architectures décentralisées, comprend immédiatement qu’Ethereum peut remettre en cause la logique même d’intermédiation dans l’économie: «Dans un système centralisé, quand deux individus passent un contrat, ils paient un intermédiaire sur la base de sa réputation, par exemple une banque ou un notaire, pour sécuriser leur transaction. La blockchain, décentralisée, assure une sécurité beaucoup plus importante, sans cette intervention.» 

L’informaticien rejoint alors Ethereum, dont il devient le CCO. Un crowdfunding, le premier de l’histoire en bitcoins, permet de lever rapidement l’équivalent de 18  millions de dollars pour financer la fondation à Zoug. En août 2015, le premier bloc de la chaîne informatique est créé.

Disrupter les disrupteurs

Premiers intermédiaires menacés, les fameux «disrupteurs» Airbnb et Uber. Dès septembre  2015, Stephan Tual quitte la maison mère pour développer, avec Christoph Jentzsch, slock.it, une des premières applications concrètes d’Ethereum.

Principe de base: connecter des appareils domestiques – machine à laver, appartement, voiture, vélo – à la blockchain par un petit appareil électronique, et permettre leur location automatique sans intervention extérieure. Un tiers peut déverrouiller l’accès (serrure, interrupteur, cadenas…) à un objet inutilisé en quelques secondes, par le biais d’une application.

Une caution est alors simultanément transférée du locataire au loueur. Elle lui est restituée, diminuée du coût de la location, au moment où l’objet est rendu et la serrure de nouveau verrouillée. Il deviendrait ainsi possible, à tout moment et en tout lieu, de géolocaliser un objet disponible et relié à la blockchain, et de le louer immédiatement sans intervention de son propriétaire. Une possibilité qui pourrait bouleverser les modes de consommation et d’achat.

 «Nous n’utilisons nos objets que 5% du temps. Slock.it inaugure l’économie du partage», considère Christoph Jentszch, cofondateur. Allusion à peine voilée aux promesses non tenues de désintermédiation du 2.0. Pour Stephan Tual, «prendre 20% sur la seule base de la réputation ne sera plus possible. Airbnb et Uber ne sont pas morts, mais ils devront intégrer la technologie et revoir leur modèle d’affaires pour subsister.»

Les banques réagissent

Ce risque de désintermédiation est pris très au sérieux par le secteur bancaire, qui réagit dès novembre  2015. Neuf banques d’investissement, dont Credit Suisse et UBS, reprennent le protocole d’Ethereum – open source, donc libre d’accès – pour tester entre elles un système d’échanges automatisés. L’objectif est d’économiser 20  milliards sur les transactions d’ici à sept ans, avec potentiellement de lourdes conséquences sur l’emploi.

L’enjeu est d’autant plus important pour le secteur que la blockchain offre une nouvelle possibilité de financement et de gouvernance d’entreprise plus démocratique, avec la DAO (decentralized autonomous organization). «C’est une forme de crowdfunding transparent et rémunérateur, détaille Stéphane Tual. Chaque individu peut investir, même à petite échelle, dans une entreprise et disposer d’une vue totale sur la destination de ses fonds. Proportionnellement à son investissement, la DAO répartit automatiquement les droits de vote sur les orientations de la société et les dividendes sur chaque transaction réalisée, de manière transparente et contrôlable par tous.» 

Encore confidentielle et destinée uniquement aux développeurs, Ethereum pourrait s’ouvrir au grand public d’ici à la fin l’année. La blockchain pourrait alors se confronter rapidement à d’importants défis technologiques. En particulier, le fait d’enregistrer chaque transaction dans l’ensemble des nœuds de la chaîne est une approche très gourmande en termes de ressources informatiques. Selon Stephan Tual, une hausse considérable des capacités informatiques sera nécessaire à la généralisation du système. «A moyen terme, Ethereum va nécessiter une mise à l’échelle. C’est une expérimentation économique et sociale, mais aussi un pari sur l’accélération technologique.» "

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