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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 12:44
BRUNO LASSERRE QUITTE L'ADLC

Un article de BFM BUSINESS :

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/bruno-lasserre-quitte-l-autorite-de-la-concurrence-1038929.html

"Bruno Lasserre quitte l'Autorité de la concurrence

20/09/2016 à 11h08

Sous des dehors affables, Bruno Lasserre se montrait inflexible

L'inflexible gendarme de la concurrence depuis 2004 retourne au Conseil d'Etat.

Certains dirigeants du CAC 40 ont dû sabrer le champagne en apprenant la nouvelle.

Selon la Lettre de l'Expansion, Bruno Lasserre va prochainement quitter l'Autorité de la concurrence. Le conseil des ministres devrait le nommer le 28 septembre au Conseil d'État. Précisément, il prendrait la tête de la section de l'intérieur, à la place de Christian Vigouroux, atteint par la limite d'âge (65 ans).

Âgé de 62 ans, libéral convaincu, Bruno Lasserre dirige le gendarme de la concurrence depuis 2004. Il avait été nommé par Jacques Chirac, puis renouvelé par Nicolas Sarkozy, puis par François Hollande. Longtemps, il avait répété qu'il partirait en 2014 à l'issue de son second mandat, mais avait finalement joué les prolongations, n'ayant pas trouvé de point de chute, et les candidats à sa succession ne se bousculant pas... Il tenait aussi à boucler plusieurs affaires avant son départ, notamment celle concernant les pratiques d'Orange sur le marché des entreprises (350 millions d'euros d'amende).

Bilan largement positif

Comme il y a deux ans, trouver un successeur du même niveau reste une gageure. Circulent les noms de trois membres du collège de l'Autorité de la concurrence: Thierry Dahan (vice-président, issu de la Cour des comptes), Isabelle da Silva et Séverine Larere (membres non permanents, issus du Conseil d'État).  

Car Bruno Lasserre quitte son poste sur un bilan largement positif. D'emblée, il a eu la main plus lourde que ses prédécesseurs, infligeant des amendes bien plus élevées afin, arguait-il, de dissuader les entreprises de violer le droit de la concurrence. Au total, il aura infligé 5,8 milliards d'euros d'amendes entre 2004 et mi-2016. Il a aussi fortement réduit les délais d'instruction des plaintes qui lui étaient soumises.

D'un point de vue institutionnel, il a étendu les pouvoirs de son organisme, récupérant en 2009 le contrôle des rachats, jusque là contrôlés par Bercy -à cette occasion, le Conseil de la concurrence sera rebaptisé Autorité de la concurrence.

Affable mais inflexible

Inflexible sous des abords affables, il a régulièrement démontré une certaine indépendance vis-à-vis des entreprises comme du politique. On se souvient par exemple de l'amende record (534 millions d'euros) infligée en 2005 aux trois opérateurs mobiles, alors que l'ancien patron d'Orange (Thierry Breton) était devenu ministre de l'Économie. Tout récemment, il a encore refusé le projet d'accord entre Canal Plus et beIN Sports, malgré les déclarations alarmistes sur la situation de la chaîne cryptée.   

Il a aussi communiqué abondamment, bien plus que ses prédécesseurs, et de manière toujours très pédagogique, ce qui lui a valu l'estime de la presse. En 2016, les journalistes l'ont ainsi classé 3e meilleur dirigeant d'une institution publique, selon une étude du cabinet VcomV. 

Revers de la médaille: l'Autorité de la concurrence, avec ses maigres moyens, a dû mettre les bouchées doubles pour tenir le rythme impulsé par son président.

Juste retour du destin

Mais tout ce travail a été reconnu par ses pairs. La Commission européenne a ainsi renvoyé au gendarme français l'examen de 21 rachats depuis 2009, une faveur qu'elle n'accorde qu'aux autorités qu'elle juge suffisamment sérieuses et indépendantes. Bruno Lasserre s'enorgueillissait aussi de recevoir chaque année la meilleure note (5 étoiles) de la Global competition review, comme ses homologues américain et allemand.

Juste retour du destin pour ce conseiller d'État avec qui la République s'était montrée auparavant ingrate. En 1997, lorsqu'il avait fallu nommer le premier gendarme des télécoms, Jacques Chirac avait préféré nommer un de ses anciens collaborateurs (Jean-Michel Hubert), plutôt que Bruno Lasserre, pourtant taillé pour le poste (il dirigeait alors l'administration des Postes et Télécommunications et avait préparé l'ouverture à la concurrence du marché des télécoms). Notre homme avait alors entamé une traversée du désert: il manqua de peu la présidence d'Intelsat, puis retourna au Conseil d'État, où il fut président de la 1ère sous-section du contentieux, puis président adjoint de cette section. 

Par Jamal Henni"

Cet incorruptible va nous manquer.

Merci Bruno pour tout le travail fait.

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commentaires

ES 21/09/2016 21:14

Un grand merci!

Honneur 21/09/2016 15:19

Merci du fond du coeur Mr Lasserre

anonyme 21/09/2016 10:47

MERCI

Jeanpeuplu 21/09/2016 09:42

Cher Monsieur,
Un seul mot, vraiment : MERCI

Diplomé notaire 21/09/2016 08:25

chapeau bas monsieur lasserre, les diplômés notaires ne sauront jamais vous remercier, comme vous le méritez.

avocats notaires 21/09/2016 09:16

Un grand merci à Monsieur Lasserre.
Sans la qualité, la rigueur scientifique de son travail, sa détermination sans faille, sa vision du marché des services juridiques, cette réforme n'existerait pas.
Il a, bien sûr, été abondamment critiqué et insulté par des notaires irrespectueux des institutions, qui n'ont fait que renforcer sa détermination à réformer ce système incompatible avec les valeurs de la République.
Il a contribué, avec MM. Montebourg et Macron, ainsi que Mme Untermaier et M. Ferrand, à faire sortir les services juridiques du Moyen Âge. Sans oublier bien sûr le travail remarquable de l'IGF, qui a constitué le socle de leur action.
Grâce à cette équipe soudée, rien ne sera plus comme avant.
Ils ont posé de nouvelles règles (LI, pluripro, tarif modulaire, concurrence, ...) qui ne seront jamais remises en cause.
Cette réforme, annoncée depuis le rapport Rueff Armand il y a bientôt 60 ans, sera poursuivie et complétée (LI intégrale, tarif constituant seulement un plafond, développement de la pluripro, ...) au cours des prochains quinquennats sans qu'aucun responsable politique, quelle que soit sa tendance, puisse revenir au système antérieur (malgré les promesses faites par certains dans ce contexte de campagne électorale, qui seront vite oubliées au contact de la réalité).