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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 06:14
CE QUI NOUS ATTENDRAIT AVEC LE PEN ET LE FN : NE VOUS TROMPEZ PAS DE BULLETIN !

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/que-feriez-vous-si-marine-le-pen-etait-elue_1902720.html

"Que feriez-vous si Marine Le Pen était élue?

Par Claire Chartier, publié le 27/04/2017 à 17:08 , mis à jour à 18:05

Chefs d'entreprise, diplomates, enseignants... Ils sont anti-FN et expliquent comment ils réagiraient au cas où la dirigeante du FN arriverait à l'Elysée

Debout, avant d'être en marche! Durant toutes ces années d'ascension du Front national, la France anti-Le Pen a eu le temps de se préparer au pire. La voilà maintenant prête à sortir les fourches. Certains envisagent une opposition sourde mais opiniâtre au quotidien, d'autres une rébellion frontale, quand ils ne songent pas tout bonnement à s'exiler à l'étranger, notamment certains chefs d'entreprise pour qui le protectionnisme du FN signifierait la ruine de leur activité. Ceux-là en sont déjà à prendre rendez-vous chez le notaire pour voir comment liquider leurs biens. 

Avant le premier tour, des voix connues avaient sonné le tocsin, appuyant une pétition des psychanalystes en mars sur le site change.org - à l'image de Bernard Henri Lévy et Léa Seydoux - ou en signant début avril "l'appel du monde de culture contre le FN", tels Renaud, Yann Moix ou Annette Messager. Hors des cénacles intello-people, de nombreux Français anonymes ont senti, eux aussi, monter dans leur gorge la boule du refus.

Oh, ils ne comprennent que trop le succès des thèses frontistes dans une France malade de la crise et de ses politiciens "sans vrai projet", qui "tapent dans la caisse", comme disent certains. Une France déprimée, perméable aux discours promettant l'embellie pour tous les damnés des zones rurales ou désindustrialisées. Mais ils ne conçoivent pas leur existence dans la société antidémocratique et contraire aux valeurs humanistes dessinée au trait noir par Marine Le Pen. 

Une France "haineuse" envers les étrangers ou les musulmans, "sécuritaire et répressive", foulant aux pieds les libertés publiques et refermée sur elle-même comme une vieille bête apeurée. Une France isolationniste, au ciel rendu bas et lourd par la sortie de l'euro promise par les lépénistes et le culbuto qui s'ensuivrait dans l'Union européenne. Voici ce que disent, avec leurs mots, certains de ces Français "anti-Le Pen" que nous avons rencontrés.

"Je ferais mes valises, sans l'ombre d'un regret"

Gilles Roland, chef d'entreprise 

"Si le programme économique de Marine Le Pen était appliqué demain, cela serait tout simplement une catastrophe pour l'économie française qui s'écroulerait à coup sûr. Ce qui m'inquiète le plus? Sa volonté de sortir de l'euro et ses velléités protectionnistes. Je préside le groupe industriel Active Invest, qui emploie 450 personnes et intervient notamment dans les domaines de l'environnement, de l'energie et des télécom. Mes usines exportent 80% de leurs productions de batteries à l'étranger. Il ne faut pas rêver, si demain nous sortons de l'euro et que nous rétablissons des droits de douanes, les autres pays taxeront à leurs tours nos exportations. Je ne serai alors plus du tout compétitif face à mes concurrents chinois, japonais et coréens. Bref, c'est la faillite assurée. 

Si Marine Le Pen était élue, je ferais mes valises sans l'ombre d'un regret. D'ailleurs, j'ai déjà tout préparé dans cette éventualité avec mon avocat et mon notaire. Je sais exactement ce que je ferai, le calendrier est clairement défini, et je sais où j'émigrerai. Financièrement, je ne ferais certainement pas l'affaire du siècle en vendant tout, mais je sais que c'est l'unique choix à faire. Et quand je croise mes amis patrons, la question n'est pas "Tu pars toi ?", mais bien "tu pars où toi?". Que cela soit Mélenchon ou Le Pen, cela nous amènera de toute façon à une révolution et à une spoliation du patrimoine des plus riches, je préfère donc perdre un peu aujourd'hui que tout perdre demain. Les seuls que je trouve "raisonnables" dans cette campagne sont Macron et Fillon."

"Je penserais à développer mon business ailleurs"

Bruno Lussato, chef d'entreprise

"L'élection de Marine Le Pen serait une véritable catastrophe pour moi. Je suis un patriote et je n'ai pas peur de ce mot. La société que j'ai créé, Wistiki, fabrique des petits objets connectés. Notre production est 100% française et je fais travailler un centaine de salariés sur tout le territoire. Mon modèle: produire en France et exporter partout dans le monde. Le protectionnisme économique proposée par Marine Le Pen est un non-sens économique. Qui risque d'étouffer des start-up comme la mienne, en hyper croissance et qui ont besoin d'être totalement tournée vers le monde. Je suis en train de négocier actuellement avec des distributeurs allemands. Nous discutons avec la même monnaie, les mêmes règles. Sortie de l'euro serait une catastrophe. Si Marine Le Pen était élue au second tour, je me poserais sérieusement la question d'aller développer mon business ailleurs."

Bruno LussetoBruno LussetoFranck Serville pour L'Express

"Je partirais"

Franck Legrand, urgentiste

"Dans les hôpitaux, il y a aujourd'hui une grande souffrance et quand on ne sait plus où aller, on se tourne vers le populisme. Dans l'hôpital d'Armantières, près de Lille, où je travaille, j'ai vu beaucoup de gens très à gauche se mettre à voter Front national. Ils ont l'impression qu'ils seront enfin entendus, ce qui est faux, bien sûr. Il y a même un groupe d'une dizaine de personnes, dont des médecins,, assumant ouvertement de voter FN. Ceux qui ne sont pas d'accord avec eux les laissent parler pour ne pas aller au conflit, car il est impossible de discuter avec eux. 

Mais du coup, l'atmosphère est vraiment lourde. Ces partisans du FN disent notamment que l'hôpital n'est pas fait pour accueillir tout le monde, et surtout pas les étrangers. Pourtant, même dans les établissements de santé de la région concernés par le problème des migrants, ce n'est pas cela qui nous surcharge, et de toute façon, on ne va pas laisser les gens mourir dans la rue. On s'organise. 

Si Marine Le Pen passe, je suis prêt à partir en Belgique, c'est à vingt minutes d'ici ! C'est un peu lâche, je sais, ce serait plus courageux de rester, de résister, mais c'est tentant. Je ne veux pas vivre dans un pays d'extrême droite. Pour l'instant, j'espère surtout que, même si elle est élue, elle n'aura pas de majorité pour gouverner."

"Je serais encore plus vigilant sur le maintien des libertés individuelles"

Un capitaine de police de Seine-Saint-Denis

"Quand je suis rentré dans la police, je pensais pénétrer dans un antre de 'fachos'. Or j'ai découvert un milieu plus bigarré qui je ne l'imaginais, et profondément républicain. Mais, ces dernières années, la parole s'est libérée. Beaucoup de policiers votent Front national désormais. C'est l'expression d'un sentiment de déshérence auquel Marine Le Pen oppose des propositions populistes. 

Si elle était élue présidente, nombre de mes collègues déchanteraient. L'expulsion des étrangers en situation irrégulière? Cela coûte cher et demande beaucoup de personnel. Il faut trois fonctionnaires pour raccompagner un sans-papiers, avec tous les frais de déplacements que cela induit. Cela explique pourquoi les expulsions ne sont pas plus nombreuses. Le tout-carcéral? Etant donné les conditions actuelles d'incarcération et le manque de personnel pénitentiaire, on peut douter de l'efficacité des peines d'emprisonnement. 

A titre personnel, l'élection de Marine Le Pen me remobiliserait encore un peu plus. J'essaierais de me montrer encore plus vigilant pour maintenir le fragile équilibre entre l'efficacité de l'enquête et le respect des libertés individuelles. Notre système est, certes, très imparfait, la procédure pèse trop lourd, mais ces garde-fous nous protègent quand même bien des risques de dérive. Je ressentirai plus que jamais le besoin d'être utile. Mais l'environnement serait plus compliqué."

"Je multiplierais les contentieux"

Vincent Fillola, avocat à Paris

"J'estimerais de mon devoir, en tant que professionnel du droit et de citoyen, d'entrer en résistance. De lutter contre la dérive sécuritaire et répressive que l'élection de Marine Le Pen entraînerait. Son arrivée à l'Elysée signerait la mort de l'Etat de droit, des grandes conventions internationales de défense des droits de l'homme et de la protection des droits des immigrés. Cela m'est insupportable car j'ai été formé au respect des libertés fondamentales et de la norme. Sa cause, son parti, primeraient sur l'Etat de droit et le cadre républicain, comme le montre son récent refus de se répondre aux convocations des juges dans des affaires qui la mettent en cause. La machine d'Etat serait mise au service de son mouvement. Mon métier et mon expérience me permettraient d'ouvrir des fronts judiciaires et de multiplier les contentieux. Et cela, je le ferais à outrance!"

"J'entre en résistance"

Didier Le Bret, ex-ambassadeur de France en Haïti et ex-coordinateur national du Renseignement entre entre juin 2015 et août 2016 

"Mon engagement politique comme candidat PS à la députation dans la 9e circonscription des Français de l'étranger aux prochaines législatives est directement lié à la perspective du danger Le Pen. Si elle est élue, non seulement je ne pars pas au bout du monde mais j'entre en résistance. Dès l'adoption de ses premières lois scélérates, il est évident que des crispations fortes apparaîtraient dans les quartiers. Il faudrait rétablir l'ordre. Les policiers constateraient leur impuissance, Marine Le Pen enverrait l'armée laquelle, pour partie, entrerait dans une forme de désobéissance civile car certains éléments diraient à juste titre qu'ils n'ont pas été formés pour mater des gamins dans les banlieues. De nombreux membres de l'armée et de la police françaises sont issus de ces quartiers et n'accepteraient pas de mater la rue à n'importe quelle condition. Autre cas de figure: des profs se mettant à manifester sous les fenêtres de l'Elysée en réaction à la volonté du gouvernement Le Pen de réécrire les manuels scolaires. Les forces de l'ordre seraient pareillement placées devant un cas de figure impossible car les manifestants auraient leur conscience pour eux. En fait, tous les scénarios de maintien de l'ordre vireraient au bras de fer et au cauchemar."

"J'aiguiserais le sens critique de mes élèves"

Agnès Gillot, 51 ans, professeure d'informatique

"Si Madame le Pen est élue, il faudrait malheureusement s'attendre à voir se développer la censure, dans les médias et dans le domaine culturel. Pour empêcher les gens de s'exprimer, on leur couperait tout bonnement les subventions. Son arrivée au pouvoir risquerait aussi de développer une société haineuse. On stigmatiserait les femmes voilées, mais aussi - pourquoi pas - les homosexuels et les candidates à l'avortement. J'ai toujours milité, à ma façon, en lançant, par exemple, des sujets de réflexion en cours: "Quel est l'intérêt de tricher?" ou "Pourquoi est-ce important de connaître ses faiblesses? Je me dis que cela peut aider mes étudiants à développer leur sens critique. Et leur permettre de prendre du recul le jour des élections. Si Madame le Pen remporte le deuxième tour, je vais évidemment continuer en ce sens."

"J'agirais à mon petit niveau"

France, comédienne 

"Moi qui habite en région parisienne, dans un quartier favorisé et qui évolue dans un milieu très ouvert, je n'ai jamais été directement confrontée à des électeurs du FN. Mais ce n'est pas parce que je vis un peu dans une bulle que je n'ai pas conscience des réalités. Je pense qu'on ne peut plus se contenter de descendre dans la rue pour manifester sa colère face à la montée du Front national. Chacun doit agir sur le terrain, à son petit niveau. J'ai l'habitude de donner des cours de théâtre dans les collèges et les lycées. Je m'arrange pour choisir des textes engagés, qui parlent de tolérance, d'ouverture aux autres et qui abordent certains thèmes comme celui de l'immigration, la difficulté de s'intégrer quand on vient d'ailleurs... Je le ferais encore plus si Marine Le Pen était élue."

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commentaires

NOTAIRE FURIBARD 30/04/2017 11:55

Je vais voter le FN sans hésitation.

avocats notaires 30/04/2017 12:02

Ça ne surprend personne

Guadalajara 28/04/2017 18:25

NO PASARAN !!!