Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 09:41
LES OFFRES DE LA CDC POUR LES NOTAIRES MACRON

Un correspondant nous signale cet article qui, de notre point de vue, reprend les positions conservatrices des 1816, présumant notamment - un peu facilement - que les notaires Macron qui connaîtraient des difficultés financières seraient tentés de "piquer dans la caisse" :

http://www.efl.fr/actualites/affaires/details.html?ref=ui-56c2ead1-0ac0-4609-a306-60986e32966b

"La Caisse des dépôts renouvelle son offre d’accompagnement pour les notaires qui s’installent

Le 10/07/2017

La Caisse des dépôts, partenaire historique des notaires et établissement teneur de leurs comptes clients, a renouvelé son offre pour répondre aux besoins des candidats à l’installation. Entretien avec Elisabeth Viola, directrice des clientèles bancaires de la CDC.

La Caisse des dépôts a mis en place, en début d’année, un site internet dédié aux notaires. Quelle est sa vocation ?

Elisabeth Viola. Le site notaires.caissedesdepots.fr a été notamment créé pour établir un contact avec les notaires qui ont postulé sur le portail OPM pour accéder au tirage au sort (voir La Quotidienne du 14 novembre 2016). Dans le cadre de la loi croissance du 6 août 2015, le parcours traditionnel des candidats à l’installation a été bouleversé.

Dès lors que 80 % des personnes font aujourd'hui spontanément des recherches sur internet, il était utile que ces candidats puissent entrer en contact avec la Caisse des dépôts (CDC), teneur de comptes et partenaire des notaires, afin d’obtenir des informations sur les conditions d’ouverture et de fonctionnement des comptes et bénéficier d’un accompagnement. Ce site a permis d’établir 150 nouveaux contacts à ce jour, sachant que les premiers tirages au sort sont récents.

Quel accompagnement leur proposez-vous ?

EV. A la faveur des premiers contacts, nous constatons que les diplômés notaires ont besoin d’être guidés, éclairés et rassurés. Certains n’ont jamais exercé ou reviennent dans la profession après plusieurs années d’inactivité, d’autres ignorent ou minimisent ce que cela représente d’être notaire, de gérer une étude qui est une petite entreprise, de traiter les problématiques de locaux, de personnel, de système informatique, de garanties ou d’assurances, etc. Nous tenons à leur disposition un guide avec une série de questions à se poser préalablement à la création. Nous les accompagnons dans cette démarche de maturation et de finalisation de leur projet.

La Caisse des dépôts est un établissement public teneur de comptes et pas un guichet distributeur de prêts. Elle accompagne les primo-installants et des notaires déjà installés. Pour les uns, il s’agit de créer leur étude et pour les autres de la développer en faisant évoluer les structures d’exercice autour de projets d’entreprises et/ou d'une approche géographique, comme la loi croissance les y encourage.

Les guidez-vous localement ?

EV. Notre expertise, notre très bonne connaissance du notariat et des territoires ainsi que nos équipes de proximité rendent les projets crédibles et réalisables. Grâce à un croisement de données, nous pouvons fournir au notaire des informations sur l’environnement de la zone visée. Le candidat à l’installation pourra parfaitement appréhender le potentiel de développement sur sa zone et mieux valider ses hypothèses économiques. Nous pouvons également suggérer des synergies et détecter la complémentarité avec les études implantées aux alentours. Ces données extra-financières sont déterminantes pour sécuriser un prévisionnel d’activité.

Vous insistez sur la sécurisation de l’installation…

EV. Oui, nous voulons que les notaires démarrent leur activité dans les meilleures conditions possibles. Il s’agit de leur éviter de faux espoirs et surtout de prévenir les échecs en cas d’installations mal contrôlées. Il faut être attentif à la préservation des fonds en prévenant tout risque de tentative de détournement.

A quel moment du process les candidats à l’installation vous contactent-ils ?

EV. Souvent ils se rapprochent de la Caisse des dépôts après avoir été tirés au sort. Beaucoup ont postulé sur plusieurs secteurs pour accroître leurs chances. Une fois leur affectation géographique connue, ils s’interrogent sur son potentiel de développement et, concomitamment à l’examen de leur dossier par la Chancellerie, travaillent leur projet d’entreprise. Là, la démarche est saine.

Concrètement, que leur demandez-vous ?

EV. Un business plan. S’ils n’en ont pas, nous les incitons à le bâtir. S’ils arrivent sans le moindre document de réflexion sur leur projet, c’est inquiétant. Il faut accompagner cette prise de conscience. Pour que ces jeunes juristes réussissent, il faut leur insuffler la fibre entrepreneuriale. On les assiste bien volontiers pour faire émerger un projet viable, cela fait partie de nos missions de sécurisation des fonds.

Quid si la zone tirée au sort ne correspond pas à leur projet initial ?

EV. On a vu des candidats renoncer après avoir examiné le descriptif de la région. Ils comprennent alors que l’implantation sera difficile et que leur projet d’entreprise ne fonctionnera pas faute d’avoir intégré telle ou telle dimension leur permettant d’exploiter au mieux le marché local.

Que relevez-vous par rapport à la situation antérieure ?

EV. Auparavant, les instances professionnelles locales étaient très présentes au moment de l’installation, l’association notariale de caution facilitait les installations. Aujourd’hui, la démarche est moins encadrée, avec des opportunités certes, mais aussi plus de risques.

Serez-vous conduits à refuser des financements ou à dissuader des candidats ?

EV. Il n’y a pas d’automaticité du prêt. Si le projet professionnel n’est pas mature ou pas viable, il ne sera pas financé. Notre examen attentif a pour but d’éviter de financer des structures débutantes trop fragiles qui manieront des fonds de tiers.

Dans les directions régionales, comment vos équipes traitent-elles cet afflux de dossiers de financement ?

EV. Nous capitalisons sur notre savoir-faire et notre connaissance des notaires. Nos conseillers spécialisés sur les professions juridiques sont opérationnels. Les tirages au sort sont progressifs et les projets d’entreprises notariales sont en cours d’élaboration.

Avez-vous confiance en l’avenir du notariat ?

EV. La loi croissance leur ouvre des opportunités dans la mesure où ils sauront saisir les éléments de contexte. C’est un virage à prendre mais nous avons perçu la capacité du notariat à s’adapter, d’où notre envie d’accompagner les notaires et de les aider à se projeter. Forts de notre enracinement et de notre histoire commune, nous pouvons envisager l’avenir sereinement.

Propos recueillis par Alexandra DESCHAMPS"

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Dugard 16/07/2017 14:43

"Nous pouvons également suggérer des synergies et détecter la complémentarité avec les études implantées aux alentours "
ben oui cocotte de la bonne sous traitance en quelques sortes on va toquer à la porte de l'étude voisine t'aurait pas quelques dossiers ?
comme l'annonce du dernier JCP un clerc free lance pas un DN (c'est trop cher... gloups !) : et vous pour 100 VEFA vous prenez combien 10 000 €, 20 000 € ? et les charges c'est pour qui qui ?

Ils ont qu'à prendre un roumain ils parlent français en Roumanie !

" Notre examen attentif a pour but d’éviter de financer des structures débutantes trop fragiles qui manieront des fonds de tiers."
En fait elle nous prends juste pour des ESCROCS en puissance ?

avocats notaires 16/07/2017 15:41

C'est tout-a-fait ça, Dugard. Vous avez reçu 5 sur 5 le message de la CDC ... dicté par le CSN

Arnaud 11/07/2017 10:51

Ce qui me choque dans cette interview, c'est la non préparation de plusieurs candidats. Les lecteurs de ce blog ont pour la majorité un projet déjà bien construit, bien réfléchi. C'est en tout cas ce que je ressens à la lecture de leurs posts. Mais en lisant l'article, il en ressort qu'un certain nombre de candidats contact la CDC après avoir été tirés au sort sans projet. Cela est corroboré par la non prestation de serment de certains (exemple Cambrai) et par la recherche de revente d'étude par d'autres. Cet état de fait doit redonner de l'espoir aux vrais porteurs de projet. Mais le chemin est long. D'abord un tirage au sort qui prend beaucoup de temps, des nominations qui tardent puis le renoncement.
Une fois le processus mené à son terme, il sera intéressant de faire des statistiques, pour voir au final le nombre de SCP, de candidatures non validées avant tirage au sort, de renoncements avant et après nomination.

Arnaud 12/07/2017 19:30

Heureusement que l'appât du gain et la cupidité ne sont pas les moteurs de mon épouse. Avec des actes à moins de 10000 euros plusieurs fois par mois, il y a longtemps qu'elle aurait arrêté. Et quand je dis moins de 10000 c'est le prix de vente, pas les émoluments !!!
Oui, il y a des cupides, oui il y a des magouilleurs, mais arrêtez de mettre tout le monde dans le même sac nauséabond.
Elle donne des primes conséquentes tous les ans à ses employés. Elle ne se comporte pas comme un tyran. Elle a déjà proposé à un futur DN qui lui paraît prometteur de s'associer. Donc stop au lynchage systématique.
Quant aux avocats, nous avons deux copains qui exercent dans notre petite ville de province qui nous disent que leur barreau voit d'un très mauvais œil la GPD.

avocats notaires 12/07/2017 14:44

Je suis, en effet, convaincu que la GPD sera, à tous égards, la meilleure des choses, la dernière phase de la modernisation des professions du droit en France.
Evidemment, nombreux sont ceux qui ne partagent pas ce point de vue, dont beaucoup de 1816. L'appât du gain, la cupidité, la volonté de préserver un schéma d'un autre âge, ne sont pas pour rien dans leur résistance obstinée au changement.

Louzou 12/07/2017 13:56

Pas si sur, demandez donc au propriétaire de ce blog ce qu'il en pense.

Arnaud 11/07/2017 20:10

@Louzou
La GDP, c'est une fausse bonne idée. Les grands cabinets d'avocats vont rafler la clientèle la plus intéressante, laissant les miettes aux autres. Autres qu'ils rachèteront par la suite, et on se trouvera une situation oligarchique, pas plus confortable que celle qui prévalait avant la loi Macron. Alors, les DN pourront à nouveau attendre longtemps avant de se voir proposer une place d'associé. Retour à la case départ.

Louzou 11/07/2017 13:20

j'espère bien que le terme du processus sera la GPD

Lulu 10/07/2017 22:56

Bonjour,

Pour tous les chanceux tirés au sort dans les zones de Nantes, St Nazaire ou Challans
Diplômé notaire DSN dynamique et implanté localement, compétence polyvalente dans tous les domaines du notariat, serait intéressé pour une association.
Vous pouvez me contacter en MP ou par mail notairei@yahoo.com

Merci