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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 16:20
QUEL FUTUR APRÈS L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Un correspondant nous signale cet article très intéressant sur l'évolution prévisible des professions du droit en France à la suite des élections présidentielle et législatives :

https://www.forbes.fr/management/avocats-quel-futur-apres-lelection-presidentielle/

"Avocats, Quel Futur Après l’Election Présidentielle ?

Guillaume Aksil

Avocat associé, LINCOLN AVOCATS CONSEIL, activité de conseil et contentieux en droit des affaires

3 mai 2017

Quel sera le rôle des avocats la semaine prochaine ?

À l’entre-deux tours, il paraît sage de rappeler que « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent »[1] et au-delà du résultat des élections présidentielles, il semblerait que les avocats ne puissent plus aujourd’hui ne plus utiliser les outils digitaux dans la présentation de leurs offres de services.

Tenant compte des indéniables mutations économiques liées aux nouvelles technologies, Marine Le Pen programme une « nouvelle régulation » avec les secteurs concernés afin de préserver une concurrence loyale tandis qu’Emmanuel Macron affiche une volonté de libéralisation pouvant conduire à une déréglementation des professions juridiques, ce qui, pour certains, s’inscrirait dans la lignée de la loi n°2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques dite « loi Macron », promulguée alors que le candidat était Ministre de l’Économie.

Cette loi visait à libéraliser un certain nombre de professions réglementées parmi lesquelles les notaires et les huissiers en favorisant, notamment, l’installation de « nouveaux arrivants » en principe plus jeunes, fixant par ailleurs une limite d’âge à 70 ans pour l’exercice de ces professions.

Les professions réglementées doivent-elles anticiper de nouvelles réformes à l’issue du scrutin ?

La transition numérique (l’accessibilité par la mise en place d’extranet, le machine-learning, l’utilisation de l’intelligence artificielle avec par exemple le robot Ross[2] dans le domaine du droit des entreprises en difficulté aux US, l’information et le traitement des données relatives aux décisions rendues[3], etc.) a fait émerger de nouveaux acteurs et ce mouvement doit d’ores et déjà permettre aux avocats ainsi qu’aux autres professionnels du droit de faciliter l’accès, tant des particuliers que des dirigeants de TPE/PME, à une offre de services juridiques dont un grand nombre ne profitent pour l’instant pas[4]. 

Il appartient à chacun d’innover et nombre d’avocats suivent déjà le mouvement lancé par le Conseil national des barreaux avec par exemple, la plateforme avocat.fr[5].

Le scepticisme d’une génération de praticiens doit aujourd’hui être dépassé et l’on peut encore citer le programme COIN de la banque JP Morgan Chase & Co qui, en quelques secondes, effectue des opérations de due diligence nécessitant auparavant 360.000 heures de travail[6].

Accepter la modernité ne signifie pas nécessairement oublier le savoir-faire d’une profession qui doit utiliser la longueur d’avance dont elle dispose pour se démarquer.

Ces nouveaux outils doivent permettre au conseil de demain de se concentrer sur la réflexion et les stratégies d’un dossier.

Il est certain que plus les machines seront présentes plus il y aura besoin de discernement humain dans un futur où la créativité, la pensée critique ou encore l’intelligence émotionnelle feront partie des qualités du manager – quel qu’il soit – de demain[7].

Les moyens technologiques doivent faciliter l’accès (ex. : extranet accessible 24h/24, chatbots) à une information juridique de qualité – validée par l’expérience et l’expertise des praticiens – à des prix ajustés afin de rendre le droit accessible au plus grand nombre.

Il serait opportun que ce mouvement s’accompagne en parallèle d’une simplification du recours au service public de la justice, conditionnée à une volonté politique forte, ce qui ne dépendra pas seulement du résultat du dépouillement de dimanche, mais aussi de celui des 11 et 18 juin prochain.

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Queuille

[2] http://bluehillresearch.com/ross-intelligence-and-artificial-intelligence-in-legal-research/

[3] https://www.doctrine.fr/

[4] Les besoins juridiques des TPE-PME L’Observatoire du Barreau de Paris – Nov. 2015.

[5] http://www.avocat.fr/

[6] https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-02-28/jpmorgan-marshals-an-army-of-developers-to-automate-high-finance

[7] https://www.weforum.org/agenda/2016/01/the-10-skills-you-need-to-thrive-in-the-fourth-industrial-revolution/"

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