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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 13:10
UBÉRISATION DES SERVICES JURIDIQUES - (SUITE)

Un article du Figaro de ce jour :

"Un étudiant britannique crée un «robot avocat»

FLASH ACTU Mis à jour le 23/02/2016 à 12:14

Un étudiant britannique de l'université de Stanford âgé de 19 ans a créé un robot qui a se comporte comme un avocat, rapporte l'ADN. L'automate de Joshua Browder élabore un argumentaire juridique gratuitement via le site DoNotPay qui fonctionne avec un jeu de questions-réponses qui permettent au robot de trouver des explications ou des excuses pour contester les contraventions. 

Quoiqu'en version beta, l'algorithme permet de comprendre le problème et se charge de rédiger une lettre de réclamation. Et au cas où le robot ne comprend pas, il génère un message générique puis prévient automatiquement Joshua Browder. «Les problèmes judiciaires sont plutôt un fardeau pour les personnes les plus désavantagées. Avec des technologies telles que mon robot, j'espère que chaque personne à travers le monde aura le droit au même degré de protection qu'un milliardaire». 

L'idée de créer ce «robot-avocat» est étroitement lié à ses déboires personnels avec la justice. «Quand j'ai commencé à conduire, j'ai reçu de nombreux PV de parking. J'ai remarqué que certains étaient totalement injustifiés, et qu'il était possible de les contester d'une manière très formelle. C'est en ce sens que j'ai créé DoNotPay : afin d'aider ma famille et mes amis à contester leurs contraventions de façon automatique», explique-t-il à Metro US. 

Contre toute attente, son robot est un succès. «Je n'aurais jamais imaginé pouvoir éviter 95.000 contraventions et faire économiser 3 millions de dollars aux conducteurs. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'il y avait quelque chose de plus grand à faire, et que j'ai décidé de créer un robot-avocat pour aider les consommateurs sur bien d'autres sujets». Il espère lancer son robot à New York, au Canada et à Mexico City d'ici la fin du printemps."

On remarque que ces acteurs de la "révolution numérique" n'ont pas attendu d'avoir 10 ans de pratique chez un notaire ou un avocat pour se lancer.

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commentaires

anonyme 24/02/2016 11:39

Ne trouvez-vous pas que face à l’ubérisation des professions du droit cette politique de liberté encadrée des professions règlementées est ridicule. Seule une liberté totale d’installation permettrait de concurrencer avec ce phénomène d’ubérisation.

avocats notaires 24/02/2016 14:23

Les notaires communiquent, collectivement et individuellement, sur la négociation immobilière, au motif qu'ils seraient meilleurs et moins chers que les agents immobiliers, ce qui n'est pas certain, d'autant plus avec la prochaine liberté tarifaire.
Cette communication "agressive" est d'ores et déjà très mal perçue par les agents immobiliers, qui ne vont pas manquer d'organiser une riposte, voire même des représailles, sur le thème du mélange des genres entre le statut d'officier public et ministériel des notaires et l'activité typiquement commerciale de négociation immobilière.
Ça va devenir très compliqué pour la corporation de rester sur cette ligne paradoxale et de persister à affirmer, de surcroît, que son monopole exclusif sur l'immobilier ne constitue pas un avantage concurrentiel.
C'est une nouvelle bataille qui mérite d'être observée avec intérêt.

avocats notaires 24/02/2016 13:41

L'une des raisons, affichée, de l'interpro, ce sont les "économies d'echelle", autrement dit le pouvoir politique entend réduire, globalement, le coût des services juridiques (coût pertinent + rémunération raisonnable).
Cela implique, côté notaires, une réduction du "train de vie" de l'organisation : multiples CRIDON, INAFON, ..., CSN, CR, Chambres, de façon à réduire aussi le montant des cotisations professionnelles.
La corporation va devoir apprendre à vivre à l'économie.

CREDULE 24/02/2016 13:09

@Anonyme.
Entièrement d'accord avec vous.
La seule réponse pertinente face à ce phénomène est la Liberté totale d'installation en tous lieux du territoire et non liberté régulée sur certaines portions du territoire, à laquelle il conviendra, et l'on y viendra très vite, la liberté tarifaire totale.

Marc M 24/02/2016 10:53

http://www.mynotary.fr/

Tout est dit !
L'ubérisation du notariat est en route. Qui eut cru que le plus grand danger de la profession serait à l'initiative de notaires ?

CREDULE 24/02/2016 13:04

A Marc M
Autant ubérisé, autant que cela soit fait avec le plus grand soin et efficacité en regard de certaines prestations.
En tout état de cause, il devra par nécessité ubérisé toutes les prestations liées aux petits actes. Et là ce sera un passage obligé pour le CSN. Il n'aura pas d'offres alternatives de marché. Sa réflexion de mettre en place une plate forme effective sur ce secteur spécifique viendra de la base et non de sa propre impulsion.
Je pense que l'on va être très étonné dans les 2 ou 3 années à venir des remues ménages à venir dans la profession.
On aura tout fait à l'envers : ce qu'il convenait de sacraliser, nous l'aurons détruit de l'intérieur : le conseil. C'était la pierre angulaire de la richesse de notre métier. ce qu'il convenait de banaliser, nous l'avons mis sur un piédestal .
Avec raison, le marché se rappelle effectivement à nous par la création des plateformes professionnelles. Le CSN dans un petit sursaut de lucidité a fini peut être, je ne sais pas, de comprendre, que la vraie valeur ajoutée de demain c'était le conseil et non vendre ce qui est appréhendé comme "banal" par le consommateur.
Quoiqu'il en soit, nous n'en sommes qu'au début, au tout début, et la nécessité de bouger va s'imposer avec une force jamais rencontrée par le passé.

TIFOU 24/02/2016 09:18

CREDULE
Le problème n'est pas simple, mais quand un particulier utilisateur de ces plateformes juridiques se sera trompé en choisissant une SNC plutôt qu'une SARL et se retrouvera en liquidation judiciaire personnelle car il n'aura pas perçu que dans la SNC les associés ont la qualité de commerçant avec les conséquence que cela entraine et quand en plus il s'apercevra un peu tard qu'il n'a aucun recours en responsabilité pour mauvais conseil, il déchantera et la multiplication des problèmes fera que les gens ayant un peu de bon sens se tourneront vers des professionnels des vrais ayant une assurance responsabilité civile professionnelle.
Si tout était si simple il y a longtemps qu'il n'y aurait plus de notaire, d'avocat, d'huissier de justice et avec la complexification du droit je pense qu'il reste un avenir pour ces professionnels même si il y a fusion des professions.

CREDULE 24/02/2016 12:52

TIFOU
Ce que vous énoncez est le bon sens.
Reste qu’un consommateur potentiel est le seul décideur de la limite de sa propre compétence d’appréhension du risque lié à recourir à telle ou telle prestation offerte sur le marché.
Face à une offre alternative de marché, naturellement il ira en priorité sur l’offre qui pour lui aura été « ergonomisé » à ses aptitudes de consommateur moyen.
Il ira soit par curiosité soit par nécessité soit par choix délibéré. Mais ce type de produit de consommation est effectivement particulier en soit car immatériel dont on ne peut mesurer son insertion dans l’environnement factuel auquel il est destiné. Il y aura les francs tireurs, qui s’estimeront suffisamment informés et se contenteront de ce produit dématérialisé, et ceux qui soucieux de la spécificité de ce produit de considérer qu’il est certes une alternative de marché, mais très insuffisant quant à la finalité des contraintes d’utilisation de ce produit.
Quoique l’on pense, c’est le consommateur qui décidera. Son choix sera t il toujours pertinent ? Pas forcément de mon avis ou de votre avis de professionnel. Mais le principe du choix du consommateur aura été respecté. Aura t il le discernement voulu pour véritablement comprendre toutes les difficultés de s’inscrire dans le choix de ce produit dématérialisé ? Pas forcément, mais le principe de la Liberté doit toutefois rester le principe vital laissé à chacun d’entre nous de faire son choix.
Reste effectivement à se positionner sur un marché, et le contrôle effectif d’une ou plusieurs plateforme par la Profession, me paraît constituer une démarche nécessaire, car la finalité n’est elle pas d’inciter si le produit dématérialisé n’est qu’un élément spécifique de la chaine de l’opération à aller voir un professionnel du secteur.
En outre, si vous vous inscrivez dans une démarche de communication de masse sur plateforme professionnelle vous inscrivez implicitement dans la mémoire des gens le rôle effectif dont le professionnel local sera en mesure de vous assister au besoin pour d’autres opérations en complément de celles proposées par la plate forme professionnelle.
Raison pour laquelle je pense sincèrement que les marchés de demain seront des marchés de spécialisation, que l’interprofessionnalité sera l’outil de prédilection de ces marchés de spécialisation, et que l’offre de services de masse de proximité le sera par ces plates formes et non par le « notaire du coin ».
Dès lors, dans 10 ans, il n’y aura pas forcément plus de notaires qu’aujourd’hui, et je pense peut être même moins. Comme vraisemblablement il y aura moins d’avocats.

avocats notaires 24/02/2016 09:31

C'est simple : il suffit de s'adapter ... ou mieux, d'anticiper.

TIFOU 24/02/2016 05:02

CREDULE
Le problème n'est pas de refuser l'évolution. C'est de la maîtriser. Un robot est un ordinateur amélioré programmé pour reproduire certains "gestes". Jusqu'à présent je ne connais pas encore de robot capable de lire des notes écrites, de les comprendre, de la assimiler et de les mettre en pratique si derrière il n'y a pas des humains.
Donc tous les outils mis en place seront des aides précieuses pour les professionnels et les déchargeront de certaines tâches comme le font les robots sur les chaines de production.
Un "particulier" ne pourra avoir accès à ces outils que très difficilement car il faudrait qu'il ait une culture juridique de base, ce que tout un chacun n'a pas.
Prenez l'exemple en chirurgie, il y a maintenant des robots qui opèrent avec un geste plus précis que celui d'un chirurgien, mais derrière ces robots, il y a toujours des chirurgiens et le jour n'est pas encore venu ou un robot posera le diagnostic médical correct et saura apporter le réponse appropriée.
Je pense qu'en fait les outils mis en place sur internet seront essentiellement destinés aux professionnels.
N'oublions pas que de tout temps, même avant l'apparition des ordinateurs, il existait des modèle type de contrat, où il n'y avait plus que quelques clauses à remplir, que dans le temps le rôle des chambres de commerce était également d'élaborer des modèles de contrats.
Ce qui change aujourd'hui c'est le support électronique et la plus grande diffusion, mais derrière il restera des professionnels (êtres humains faits de chairs et d'os).
Donc au professionnels de savoir s'adapter et si possible d'être à l'origine des changements.

CREDULE 24/02/2016 07:51

@TIFOU
Votre analyse ne manque pas de pertinence, mais nous sommes de plus en plus confrontés à l’indifférenciation de la perception de la réalité de la valeur ajoutée produite de l’intervention directe d’un professionnel.
Les Autorités de la concurrence parle fréquemment d’asymétrie de l’information justifiant la préservation effective et « relative » de certains marchés.
Mais les évolutions techniques sont telles que le message classique de différenciation pour le bénéficiaire d’un service professionnel est profondément brouillé. Certes il n’a pas de culture juridique tel que vous l’énoncez, mais sa propre perception et qu’il se considère suffisamment informé par la multiplicité des supports d’information, et qu’il se juge apte en regard d’une alternative de marché de se reporter sur le blockchain ou service professionnel adapté.
Par exemple il a été évoqué l’étonnement de l’association du CSN à la mise en place d’une plate forme pour le « bail de particulier sous signature privé ».
Effectivement cela peut paraître surprenant de prime abord que de s’inscrire dans une telle démarche de marché : mais personnellement je considère que cette stratégie de placement sur ce marché spécifique n’est pas antinomique avec une stratégie de communication d’ensemble de la fourniture d’un « service universel » de marché simplifié et accessible.
La perception du bénéficiaire du service professionnel fait que ce type de stratégie m’apparaît pertinent.
Reste effectivement la difficulté des évolutions à venir où il faudra savoir saisir et accepter les modifications de comportement d’accès au marché.
Aujourd’hui nous sommes sur un changement profond de culture perturbant profondément les comportements de marché, mais nous sommes aussi confrontés à l’acceptation au sein de nos offices à accepter ces changements de marché, et sur ce dernier point, constituant un autre chapitre, la partie est loin d’être gagnée.
Votre analyse est effectivement très pertinente, mais réservée à des marchés qui seront de plus en plus concentrés sur des marchés de spécialisation et non des marchés de masse d’offres de service.
C’est ainsi, et l’on ne pourra que s’y faire ou disparaître.

Nic 23/02/2016 16:17

Exemple vécu :
M et Mme veulent faire une SCI.
Coût notaire : 500 € HT pour les statuts, 350 € HT pour les formalités.
oulala c'est cher Maître.
sur mesdocumentsjuridiques.com c'est pas cher....

Ok :
Vous faites les statuts,
Je valide particulièrement les clauses d'agrément et le statut fiscal : 200 €HT (pour une demi-heure).
Vous faites la queue au greffe et remplissez les M0 etc....

Ma clerc, ma formaliste, ma comptable, ma secrétaire n'ont pas eu à s'échiner à rendre service au client,
le rendement est plus élevé.

Nos études croulent sous la paperasse à faible valeur ajoutée, ....

Nic 23/02/2016 16:13

Uberdroit permettra aux notaires d'être déchargés des dossiers répétitifs à faible valeur ajoutée.
Les notaires pourront se concentrer sur les autres.
Mais attention à l'emploi .....
3 ou 4 notaires, 2 clercs et encore...., un informaticien et fini les secrétaires, standardistes, formalistes, comptables, clercs aux actes courants, etc....

CREDULE 23/02/2016 18:40

@Nic.
Je partage entièrement votre analyse. L'ubérisation va totalement remodeler le paysage juridique. De toute façon c'est incontournable et je conclurai souhaitable.

TIFOU 23/02/2016 15:27

De toute façon le robot n'a pas la science infuse et il y a toujours des êtres humains derrière, donc totalement inutile à mon avis, sauf à faire plus mieux comme on dit. Le robot n'est simplement qu'un mode de diffusion de ce que l'être humain à pensé pour lui.

CREDULE 23/02/2016 19:11

@ TIFOU
Nous changeons de société. Nous changeons de monde.
Il n'est qu'à voir récemment l'étude réalisée auprès des élèves avocats tel que rapporté auprès de l'assemblée générale du Conseil national des barreaux (CNB) des 22 et 23 janvier 2016, et de laquelle la Commission Prospective envisage de redéfinir les missions confiées à l'avocat pour faire place à un "avocat in mobilis".
Si cette commission prospective met réellement en place ce programme, les notaires seront "nettoyés" du marché. La mobilité et transversalité seront les clefs d'une refonte des marchés demain.
Doublé de plateforme juridique pour les actes à faible valeur ajoutée, tel sera le monde juridique de demain.
N'en déplaise aux notaires. Nous aurons donc une évolution dans les 5 prochaines années tout aussi forte sinon plus forte que sur les 20 dernières années.
Je devrais m'adapter ou je serais totalement "nettoyé" du marché. C'est comme cela et ce sera incontournable.
Manquer de lucidité et de clairvoyance ne peut que tuer les professionnels que nous sommes.