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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:39
UNE "NOTAIRE MACRON" À "DALLOZ ACTUALITÉ" : "je vais enfin pouvoir exercer le métier pour lequel j’ai été formée"

L'excellent "Dalloz Actualité", sous la plume de Caroline Fleuriot, publie cette première interview d'une "notaire Macron" :

http://www.dalloz-actualite.fr/interview/sait-que-l-va-etre-notaires-mal-aimes-de-profession

« On sait que l’on va être les notaires mal-aimés de la profession »

Caroline Cachet vient d’être nommée notaire à la résidence d’Épernay, dans le cadre de la loi Macron. Elle raconte son parcours et son projet.

La rédaction : Vous venez d’être nommée notaire dans le cadre de la loi Macron. Quelle a été votre réaction en apprenant que vous alliez pouvoir vous installer ?

Caroline Cachet : Je l’ai appris le jour de l’arrêté de nomination, par un email de la Chancellerie. Car au départ, je n’étais pas parmi les trois premiers tirés au sort, j’étais quatrième (il y avait trois offices à créer dans la zone d’Épernay, ndlr). Je crois que j’ai failli faire un malaise, je n’étais pas bien, je ne m’y attendais pas. Ça a été une surprise énorme. À partir du moment où on est nommé, on est démissionnaire d’office. J’abandonne un statut confortable de salarié (Caroline Cachet est actuellement notaire assistant, ndlr). Maintenant, je ne suis plus dans l’émotion mais dans l’action. Je suis très heureuse, je vais enfin pouvoir exercer le métier pour lequel j’ai été formée. Je vais avoir mon entreprise, je vais recevoir mes actes. Ce sera mon nom ! Avec la responsabilité qui en découle.

La rédaction : Vous aviez candidaté dans d’autres zones ?

Caroline Cachet : Non. Je vis à Épernay depuis sept ans et je ne me voyais pas aller candidater à l’autre bout de la France, où je n’aurai connu personne.

La rédaction : Devenir notaire, c’est un souhait que vous aviez depuis longtemps ? Racontez-nous votre parcours.

Caroline Cachet : Oui, j’ai toujours eu le souhait de m’installer un jour. Je suis dans le notariat depuis 2006. J’ai d’abord été notaire stagiaire, et depuis 2011 je suis notaire assistant. J’ai changé d’étude en janvier 2016 parce que je n’avais aucune perspective d’évolution, je savais que je ne serai jamais notaire salariée et encore moins associée. Mais dans la nouvelle étude, il n’y avait encore aucune possibilité d’évolution…

La rédaction : Avez-vous tenté les concours ou essayé d’acheter un office ?

Caroline Cachet : Non, car j’espérais pouvoir trouver une association.

La rédaction : Comment viviez-vous cette impossibilité d’évoluer ?

Caroline Cachet : Ça m’a déçue de la profession. J’envisageais de quitter le notariat et de faire autre chose.

La rédaction : Parlons maintenant de l’avenir. Quand souhaitez-vous ouvrir votre étude ?

Caroline Cachet : J’aimerais arriver à l’ouvrir en juin, mais je suis peut-être trop optimiste ! Quand j’ai appris ma nomination, je n’avais pas initié de démarches. Depuis, j’ai multiplié les recherches. Je pense avoir trouvé un local dans le centre d’Épernay. Un expert-comptable m’aide à faire un budget prévisionnel de charges. Je prête serment le 26 avril, et j’arrête donc de travailler le 25 au soir. À partir de mai, je vais vivre sur mes économies, c’est l’aspect le plus stressant pour moi. C’est pour ça que je voudrais rapidement arriver à ouvrir mon étude. Mais sans pour autant brûler les étapes. Comme me dit mon comptable : « il est urgent de ne pas se presser » !

La rédaction : Vous espérez pouvoir employer des personnes ?

Caroline Cachet : Au début, je serai toute seule. Dès que j’aurai une petite clientèle et des revenus le permettant, j’envisagerai d’embaucher un secrétaire ou un clerc de notaire.

La rédaction : À votre avis, serez-vous bien accueillie par les notaires d’Épernay ?

Caroline Cachet : Je pense que je ne serai pas très bien accueillie. Tous les notaires étaient contre la loi Macron. Je les comprends aussi : trois nouvelles études, c’est de la concurrence en plus. La ville d’Épernay compte sept notaires, plus un notaire qui a un bureau annexe dans une autre ville (hormis les trois nouveaux notaires, dans le cadre de la loi Macron, ndlr). Je vais prendre les choses comme elles viennent, je vais essayer d’être la plus sereine possible. J’ai pris l’initiative de contacter les deux autres notaires qui viennent d’être nommés. On a envie de se serrer les coudes, parce que l’on sait que l’on va être les notaires mal-aimés de la profession.

Propos recueillis par Caroline Fleuriot"

Bravo Caroline, et tous nos voeux de réussite dans votre entreprise.

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commentaires

en repassant 08/04/2017 16:47

Avocat notaire le client mécontent de l'étude installe sera celui qui par definition n'aura pas un intérêt patrimonial particulier et qui va amener a l'impétrant des dossiers du niveau de ceux qui sont traites a perte et que les installes mettent par definition en dessous des piles de dossiers : Alors oui en effet le jeune impétrant va heriter de ces dossiers qui vont vite..... L'étouffer!!

TIFOU 09/04/2017 08:40

On parle toujours de clients mécontents, les notaires en place doivent être des abrutis incompétents.
Or, il n'y pas si longtemps des sondages montraient que pour une grande majorité, les clients étaient contents de leur notaire.
Il faut arrêter de se bercer d'illusion sur les clients mécontents.
Parce que s'il y a des clients mécontents encore faut-il se poser la question du pourquoi de ce mécontentement.
-Incompétence : il est vrai que l'herbe est toujours plus verte dans le champ d'à côté, De plus un ami généralement non diplômé en droit et non professionnel m'a dit que...
-Délais : Chaque acte nécessite un délai de réalisation, certains de ces délais résultent de la législation (droit de préemption, indisponibilité du prix de vente d'un fonds de commerce...)
-Le notaire refuse de rentrer dans la combine du client : tout n'est pas permis et faisable et oui il n'est pas possible d'éliminer de la succession le demi-frère ou la demi-sœur révélé par le règlement de la succession est avec lequel ou laquelle il est difficile de partager, surtout lorsque l'on a déjà investi l'héritage auquel on s'attendait et qui va être réduit d'un quart, d'un tiers ou de moitié par la présence de ce bavard auquel on ne 'attendait pas.
On ne peux pas fonder une clientèle sur le seul mécontentement des clients à 'égard d'un autre, car ceux-ci seront vite mécontent de vous et en grande majorité ne feront que vous emmerder.
Créer une clientèle c'est motiver les gens à venir chez vous non pas par dépit mais parce que vous être professionnel, agréable, compétent....

Mister X 08/04/2017 22:46

@en repassant
Cf infra.
Au fait, les accents sont vos amis...

en repassant 08/04/2017 11:17

Ha la la que tous ces discours sont naifs.... Parce que vous pensez vraiment mister x qu'il faut être un bon notaire pour bien gagner sa vie ?? Que nenie : C'est très exactement le contraire....
Et ce pauvre notaire salarie qui croit qu'il va prendre en une fois ce qu 'il gagne aujourd'hui en 13.... Il a pas compris que les notaires installes ont un fichier de client qui a 99% pensent qu 'ils sont attaches a vie a leur notaire et n'iront pas voir le jeune notaire qui vient d'être tire au sort et qui par definition n'a aucune experience...
Il a pas compris non plus que les premiers clients qu'il va avoir seront ceux qui auront ete delaissses : Contrat de mariage testament pacs mandat de protection future et j'en passe.... Autant d'actes qui vont faire exploser sa ligne.....de charges !!!! Ha oui et y aura aussi le client douteux qui va s'empresser d' amener le dossier bien pourri au jeune installe en se disant "Il a tellement faim qu 'il va accepter de signer...." Et j'en passe mais c'est du vécu!!! Alors jeunes installes ne rêvez pas : Ce n'est pas l'eldorado qui vous attend et ne soyez pas revoltes que les 1816 comme vous dites n'aient pas d'égard.... N'oubliez pas que vous rentrez dans la vraie vie celle du commerce et de la concurrence (c'est meme grace a ces concepts que vous avez été tires au sort) et non pas dans le monde de bisounours !!!!! Je ne vois pas que dans ce monde les entreprises reservent un kit d'accueil a leur nouveaux concurrents.... Ou alors ce kit est reserve au Qi - 2000 comme celui que vous a reserve le Csn.

Mister X 08/04/2017 16:13

@en repassant
Effectivement vous pouvez repassez pour votre analyse car, comme le CSN, vous imaginez une profession homogène où tous les notaires ont la même situation, les mêmes contraintes et les mêmes revenus.
Ce que vous décrivez n'a lieu que dans les zones limitées démographiquement parlant car dans les moyennes et grandes villes, le nombre de notaires est souvent largement inférieur aux besoins (d'où la réforme).
Par conséquent, il est plus que probable qu'un créateur dans une zone dynamique, n'aura pas à faire les "fonds de tiroir" pour se constituer une clientèle.
Pour les autres, cela risque d'être assez compliqué, j'en conviens.

avocats notaires 08/04/2017 12:12

En repassant :
La réalité est plus nuancée : si un notaire Macron s'installe à proximité d'une étude "ancien régime" et qu'il en recueille les clients mécontents à des titres divers, il gagnera déjà de quoi subsister.
C'est l'un des bienfaits attendus de la concurrence : un meilleur service au meilleur prix.
La fidélité inconditionnelle des clients à "leur notaire" dont vous parlez, c'est du passé. Le client n'est fidèle que dans la mesure où il y trouve son compte.

TIFOU 08/04/2017 08:23

Pour ma part je pense que la démission d'office n'intervient que lors de la prestation de serment car on ne peut être officier public et salarié en même temps.
Maintenant ceux qui n'avaient pas vu cet aspect, sont ceux qui n'avaient pas développé leur projet d'entreprise, s'arrêtant au seul fait d'être notaire en titre et n'ayant aucune vision de ce que cela pouvait impliquer.
Ceux la feraient mieux de renoncer, car s'ils pensent qu'en s'installant ils vont pouvoir dès le début vivre sur leur étude et prélever dès le premier mois l'équivalent de leur ancien salaire, ils se mettent le doigt dans l'œil et jusqu'au coude au moins.
S'installer c'est avoir au moins un an de trésorerie pour vivre.et payer les charges, n'oublions pas que le notaire est rémunéré lors de la passation des actes (3 mois pour une vente, 6 mois voir plus pour une succession) et pendant ce temps il faut vivre, payer ses charges de fonctionnement, ses charges sociales, rembourser ses emprunts.
Un conseil pour votre prévisionnel partez des charges et n'hésitez pas à être large en la matière, mieux vaut les surestimer que les sous estimer..
Ceux qui n'ont pas vu ces aspects avant d'horodater n'ont rien à faire comme chef d'entreprise et comme notaire titulaire de son office.
Chef d'entreprise c'est un état d'esprit et c'est surtout savoir anticiper.

Mister X 08/04/2017 10:02

@TIFOU
Je partage votre analyse mais pas la dernière phrase.
Dans un secteur libéralisé, le chef d'entreprise doit effectivement posséder certaines qualités indispensables mais dans le notariat, le monopole permet une rentabilité très profitable qui a toujours permis aux mauvais de rester en place.
Je ne dis pas que tous les 1816 sont mauvais, loin s'en faut, je dis simplement, que jusqu'ici, les mauvais, s'ils avaient été artisans, auraient mis la clef sous la porte depuis longtemps.

ARRIBA 07/04/2017 14:38

Evidemment démissionnaire d'office.
Mais tous les candidats n'ont pas peur, ils ont des projets d'entreprise plein les bras et ont la certitude de n'avoir que des vieux notaires comme concurrents.
Ils ne peuvent pas être entrepreneurs et donneurs de leçon et "en même temp"s vouloir un salaire qui tombe 13 fois par an !
Faut choisir les poussins

Mister X 08/04/2017 09:56

Mais oui ARRIBA, on connaît le refrain :
- les 1816 représentent l'élite de la Nation
- les DN qui espèrent s'installer ne sont que des arrivistes qui fermeront au bout de 6 mois car s'ils avaient les qualités pour être notaires, ils seraient déjà installés.
- François Fillon est un homme honnête qui fait l'objet d'une campagne à charge de la part des médias et de la justice.
- Marine Le Pen dit parfois des vérités.
- Macron n'est qu'un communiste à la solde de la City.

DN original 08/04/2017 07:13

@ghibli et consorts
Je pense que l'établissement d'un prévisionnel vous aidera à redevenir serieux, et respectueux.

Notaire salarié 07/04/2017 20:30

On a choisi, on va faire comme les installés: on va prendre UNE FOIS CHAQUE MOIS, l'équivalent des 13 fois actuelles.
Réaliste.

Anonyme1 07/04/2017 12:17

Quelqu'un a-t-il déjà remarqué que dans certaines zones non encore tirées au sort, des demandes mentionnées en R repassent en "reçue". Examinent-ils finalement les demandes avant tirage?

Smoking Caterpillar 07/04/2017 11:39

Ben oui on est démissionnaire d'office donc tous les nombreux kikoo qui ont horodaté pour voir feraient bien de réfléchir à deux fois et devraient renoncer rapidement au risque de passer de très longues nuits blanches.

lapinblanc 07/04/2017 09:30

mais c'est quoi cette histoire de démission d'office ?

DN Original 07/04/2017 11:42

Vous ne pouvez être nommé notaire et être "en même temps" (expression à la mode)salarié (ie notaire assistant).

Lucien 07/04/2017 08:51

Démissionnaire d office ouche ça fait mal

TheYoungNotary 07/04/2017 18:17

ARRIBA, vous êtes vraiment tout ce qu'il y a de plus détestable dans le notariat. Votre mépris n'a d'égal que notre dégout envers ce que vous êtes !

ARRIBA 07/04/2017 17:44

Alors là j'espère que Ghibli est meilleur en droit civil qu'en droit du travail

Ghibli 07/04/2017 15:09

La démission d'office résulte d'un arrêt déjà présenté dan ce blog. L'arrêt n'est qu'un arrêt d'espèce. Il est évident que la nomination n'est pas une démission. La nomination est un élément exéterieur au contrat de travail. Le contrat de travail lie un employeur avec un salarié. La nomination tout au + va être une cause de licenciement pour l'employer (exécution du contrat de travail de mauvaise foi). Pour ma part j'attends mon arrêté de nomination avant de signer une rupture conventionnelle.

na qui attend et espère 07/04/2017 08:27

Merci pour ce bel entretien. Caroline explique très bien le plafond de verre, inadmissible et gentiment approuvé par la profession pendant des décennies, qui l'a conduit à se prêter aux tirages au sort. Sa vision du métier et de son installation est très intéressante.
Par contre, je me retrouve beaucoup moins dans ceux qui ont candidatés dans des dizaines de zones et qui tiennent des discours ani-notaires en place ou enfants de notaire.
Dans mon département et village rural, les reprises d'exploitations agricoles par les enfants, après contrôle et autorisation d'exploiter, sont généralement vues comme une réussite pour tous. ("on fixe des jeunes dans le village"). J'ai tendance à voir ma reprise de l'étude individuelle familiale dans la même perspective, en préférant cela aux mégastructures ou études transférées urbaines, ou à des implantations de personnes hors sol.
Ps : aucune candidature dans ma commune d'ailleurs, pourtant en zone verte. :)

DN Original 07/04/2017 14:36

@na qui attend...
C'est très bien, mais n'en faites pas trop non plus... on vous donne l'étude... on ne va pas pleurer.... La soulte que vous versez ne couvre pas la valeur de toute l'étude, qui j'imagine (en ces temps difficiles pour le notariat) a dû être valorisée, disons... à un prix proche de celui qu'on se fait entre amis... ;)

soeur anne 07/04/2017 14:04

Moi aussi je suis la longue voie classique. Et c'est très long!!!! J'ai peut-être eu tort mais je ne le pense pas quand je vois la manière dont certains traitent leur installation. La zone où j'ai traité était verte, mais personne n'y a horodaté. Préférant tous se précipiter dans la grande ville d'à côté. Avec quel avenir?

DN Original 07/04/2017 11:40

On ne peut pas être "contre" les fils/filles de notaire(s) simplement parce qu'ils sont fils/filles de ... Je considère qu'ils avaient le droit d'horodater. Par contre en cas de TAS favorable... il est évident que, lors du départ à la retraite, "papa/maman" devront céder leurs parts/étude à un tiers.... et généralement cela ne se passe pas comme ça...

ARRIBA 07/04/2017 07:51

Absolument pas mal aimé.
Courage et volonté pour votre projet.
Maintenant trois nouveaux sur Epernay......

na qui attend et espère 07/04/2017 13:32

@DN Original : je n'ai pas candidaté au TAS et ai suivi la (longue) voie classique. Mes frères et sœurs auront ainsi une soulte sur ce que vaut encore l'étude....Oui, oui, il y en a encore qui raisonnent ainsi. Il n'est pas sûr que l'avenir me donne raison, mais j'aurais au moins fait ma part.